« Un disque absolument envoûtant, passionnant et êxtremement varié » – Club des critiques de France Musique

 »  Lionel Esparza : ‘Powerful Morpheus, que tes charmes plongent tout l’univers dans les bras du sommeil‘, voilà ce que disait le texte de cet air de William Webb, né en 1600 mort en 1657, c’était un disque intitulé Perpetual Night que l’on doit à Sébastien Daucé et son ensemble Correspondances. Tout un tas d’airs et de chansons du XVIIe siècle anglais. Il y a aussi bien du Purcell que du John Jackson ou du John Blow, des choses très peu connues, d’autres qui le sont un peu plus mais quand même, très inattendu ce disque, et, la voix bien évidemment *s’interrompt* je n’ai pas nommé, je n’ai d’ailleurs pas annoncé avant, Benoît Fauchet, on aura pu croire à une voix d’homme, or, c’est Lucile Richardot.

Benoît Fauchet : Exactement, c’est très étonnant. Lucile Richardot, qui est une partenaire de plusieurs ensembles baroques dont les Correspondances – elle a travaillé avec Pygmalion depuis une dizaine d’année, avec les Arts Florissants – et puis là elle a ce récital, alors, qui n’est pas vraiment un récital, qui est vraiment un projet autour de l’air et de la chanson anglaise du XVIIe siècle mais j’ai envie de dire qu’elle crève l’écran mais de sa manière en même temps très intime et très pudique. Il n’y a rien de surligné dans ce qu’elle fait. Alors en effet on entend sa voix, si à la limite on l’écoute vraiment à l’aveugle on se dit « ah ! un contre tenor ! Mais un contre ténor qui chante merveilleusement bien ! » […] J’aime bien ce qu’apporte une voix de femme en termes de richesse, de souplesse, et elle l’apporte en même temps avec ce timbre qui reste contre-ténorisant, très singulier avec une maîtrise de la projection. Il y a une émission qui est quand même spectaculaire avec, en même temps, un grave bien creusé avec ce timbre de bronze… Enfin c’est une voix qui est très émouvante, en fait. Et là, en plus, qui est lovée dans un très bel écrin orchestral, très léger, on sent que la proposition est très construite, et puis il s’en dégage une mélancolie. On a envie de tomber dans ces bras de Morphée. C’est un moment extraordinaire, chaque détail a été pensé. Il y a un travail de chambre, une intimité extraordinaire.

Richard Martet : C’est un disque absolument envoûtant, passionnant et extrêmement varié. Il y a une chose importante, il n’y a pas que Lucile Richardot dans ce disque, il y a d’autres chanteurs qui interviennent avec elle. Il y a notamment une scène dramatique qui dure 6 minutes qui dépasse le cadre du song avec d’autres voix qui interviennent. Il y a la création d’un théâtre à travers ça, qui regroupe la création du théâtre, le fait de Lucile Richardot et Sébastien Daucé, c’est un enchantement. J’ai été captivé. Un des très grands disques, rare, original. (richard)

Philippe Venturini : Déjà le programme est admirablement bien conçu, il réunit des compositeurs qu’on connaît plutôt pour de la musique de consorts […] et là tout ce XVIIe siècle anglais qui est à la fois sous l’influence de la France mais aussi de l’Italie notamment avec l’opéra. On est sans arrêt entre le théâtre ou l’air, énormément de sentiments qui passent à travers cette musique, l’extrait choisi est représentatif. C’est la mélancolie qui caractérise ce XVIIe anglais, de cette musique de l’intimité, de la tendresse. […] On attend pas de la virtuosité ou de l’éclat. C’est vraiment un projet tout à fait original. La réalisation est superbe.

Lionel Esperanza : Vous venez de noter, l’influence de la musique française. Ce n’est donc pas un hasard si Sébastien Daucé, qui s’est spécialisé dans la musique française, arrive à cette musique.

Philippe Venturini : Il ne débarque pas en terrain inconnu. Comme toujours c’est un travail millimétré mais dans le sens positif du terme, c’est maîtrisé mais il y’a une forme d’abandon indispensable à ce répertoire.

Benoît Fauchet : Avec la langue anglaise il y a quelque chose de très naturel, on a des français qui chantent dans un bel anglais, très travaillé.

Lionel Esperanza : On a l’impression qu’à chaque fois qu’il s’intéresse à un répertoire SD, on se souvient du concert de la nuit, il arrive à créer à un univers. C’est le grand disque de la soirée ?

Benoît Fauchet : Je crois qu’on peut le dire.

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Retranscription du l’émission Club des Critiques du 1er Juin, animée par Lionel Esperanza, avec Benoît Fauchet, Richard Martet et Philippe Venturini, France Musique

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