« Tristesse et réconfort, et quelle voix ! »

« Un CD avec la mezzo-soprano Lucile Richardot

Vorn auf dem Podium herrschen die denkbar fröhlichsten Hochzeitsvorbereitungen. Der Bräutigam tummelt sich mit seinen Freunden, in Chören wird das glückliche junge Paar gefeiert – da dringen mit einem Mal von weit hinten Klagelaute durch Mark und Bein. Sie stammen von einer Botin, die langsam, langsam, nur von einem Lautenisten begleitet, der Parkettgalerie entlang nach vorn schreitet – hin zum Podium, wo ihr Erscheinen alsbald lähmendes Entsetzen verbreitet. Euridice sei tot, berichtet die Botin, von einer Schlange gebissen und auf der Stelle verschieden. Orfeo, der Bräutigam, bricht zusammen, die Freudengesänge wandeln sich in Trauerchöre.

Devant sur la scène se tiennent les préparations de mariage les plus heureuses que l’on eût pu concevoir. Le marié s’agite avec ses amis et c’est en choeur que le jeune et heureux couple est fêté –  mais, au loin, on entend des lamentations faisant frémir les gens aux alentours. Ces cris proviennent d’une messagère qui, lentement, lentement, accompagnée d’un luthiste, s’avance le long de la scène jusqu’au devant où elle apparaît immédiatement, paralysée d’effroi. Eurydice est morte, rapporte la messagère, un serpent l’a mordue et elle est morte sur-le-champ. Orphée, le marié, s’effondre et les louanges se changent alors en lamentations.  

Was für ein Moment. Und was für eine Stimme. Es war im Sommer 2017 im KKL Luzern, wo der Dirigent John Eliot Gardiner und sein Team im Rahmen eines auf drei Abende verteilten Projekts des Lucerne Festival «L’Orfeo», die Oper Claudio Monteverdis, zu halbszenischer Aufführung brachten. Und es war die Stimme von Lucile Richardot, einer Sängerin mit einem aufsehenerregenden Stimmumfang und einem unerhört wandelbaren Timbre, einer Darstellerin zudem von schwindelerregender Expressivität. Hatte sie im «Orfeo» diesen kurzen Auftritt zu einem Höhepunkt gemacht, so sang sie später im «Ritorno d’Ulisse in patria» bezwingend die im Warten auf ihren Odysseus erstarrte, am Ende wieder zur Frau werdende Penelope, während sie in der «Incoronazione di Poppea» als Amme der ehrgeizigen Thronanwärterin mit ihrem nicht weniger ausgeprägten komischen Talent erheiterte.

Quel moment. Et quelle voix. C’était à l’été 2017 au KKL Luzern que le chef d’orchestre John Eliot Gardiner et son équipe – dans le cadre du Lucerne Festival – ont présenté une version semi-scénique de « l’Orfeo », l’opéra de Claudio Monteverdi. Et c’était la voix de Lucile Richardot, celle d’une chanteuse avec une tessiture exceptionnelle et au timbre mouvant inédit, celle d’une interprète à l’expressivité vertigineuse. Elle avait fait de la courte représentation d’Orfeo un moment marquant, et elle fit de même pour le « Ritorno d’Ulisse in patria », dominante et figée dans l’attente sur son Odysée, puis de nouveau en femme se changeant en Pénélope, alors que, dans la « Incoronazione di Poppea », elle égaye avec son talent non moins marqué pour le comique en tant que mère adoptive d’une héritière au trône bien ambitieuse.

Nun ist eine CD mit Lucile Richardot erschienen – natürlich bei Harmonia mundi, dem französischen Label, das heute an der Spitze der angeblich darniederliegenden CD-Branche steht und genau mit solchen Produktionen das Feld beherrscht. Die CD ist ein Muss für alle jene, die alte Musik lieben und wissen wollen, wie sie auf neue Art gesungen werden kann. Das Programm enthält Stücke aus dem England des  17. Jahrhunderts – Werke von Komponisten, die abgesehen von Henry Purcell und John Blow hierzulande nicht einmal dem Namen nach bekannt sind. Sie stehen allesamt im Zeichen des Nächtlichen, des Melancholischen. Zugleich aber bringen sie enorme Vielfalt ein – Vielfalt im musikalischen Satz, in der Realisierung des Generalbasses, in den Besetzungen. Getragen wird die Abfolge der zumeist vokalen Stücke durch das von Sébastien Daucé geleitete Ensemble Correspondances, das im Instrumentalen keinen Wunsch offen lässt, in den mehrstimmigen vokalen Beiträgen jedoch etwas unausgeglichen klingt.

Un album de Lucile Richardot est maintenant sorti, naturellement chez Harmonia Mundi. Le label français, aujourd’hui à la pointe d’une branche musicale supposée stagner, s’impose en maître du secteur avec des productions telles que celles-ci. Le CD est une nécessité pour tout ceux qui aiment la musique ancienne et qui veulent savoir de quelle nouvelle façon cette dernière peut être chantée. Le programme se compose de pièces de l’Angleterre du XVIIe siècle, des oeuvres de compositeurs qui mis à part Henry Purcell et John Blow ne sont guère connus. Ces oeuvres sont toutes sous le signe de la vie nocturne, de la mélancolie. Cependant, elles font en même temps preuve d’une grande diversité – diversité dans les phrases musicales, dans la réalisation de la basse continue, dans les occupations. La succession des pièces – majoritairement vocales – est portée par l’ensemble dirigé par Sébastien Daucé qui, d’un point de vue instrumental, ne laisse rien à désirer dans les morceaux à plusieurs voix sonnant toutefois légèrement déséquilibrés.

Im Zentrum aber: Lucile Richardot. Wenn sie in ihr Brustregister absteigt, glaubt man einen Countertenor zu hören, allerdings einen der aussergewöhnlichen Art. Die Stimme wird da ungeheuer kräftig und fest, sie entwickelt eine Wandelbarkeit in Formung und Farbe, dass es einem förmlich den Atem raubt. Dabei bleibt der feminine Grundzug unangetastet, denn ebenso souverän setzt Lucile Richardot ihr Kopfregister ein – steigt sie in die Höhe, wird dort locker und leicht. Auf dieser Basis wendet sie die Prinzipien der historisch informierten Aufführungspraxis an, wie sie heute angesagt sind. Grundlage des Singens bildet hier der reine, gerade Ton, wie ihn ein Instrument hervorbringt. Das erlaubt der Sängerin, die harmonischen Verläufe zu schärfen, Dissonanzen etwa dergestalt zuzuspitzen, dass die Auflösung in die Konsonanz zu einem Naturereignis wird. Überhaupt erhält das Harmonische dank der immer wieder grossartig getroffenen Intonation eine Würzung, die man so nicht für möglich gehalten hätte. Dazu kommt nun, als höchst effektvoll eingesetzte Verzierung, das Vibrato, das im Rahmen dieser vokalen Ästhetik zu seiner ursprünglichen Funktion zurückfindet – ungemein packend ist das.

Mais au centre : Lucile Richardot. Lorsqu’elle descend dans son registre de poitrine, on croirait entendre un contre-ténor, d’un type toutefois inhabituel. La voix devient alors immensément forte et solide, elle développe une capacité à se mouvoir aussi bien dans la forme que dans la couleur qui laisse littéralement sans souffle. La caractéristique féminine principale reste en même temps intacte, car aussi souveraine soit Lucile Richardot en voix de tête, dès qu’elle monte dans les aigües, tout semble plus détendu et léger. C’est avec ce bagage qu’elle suit les principes de ré-interprétation historique telles qu’ils sont annoncés aujourd’hui. La base du chant est ici de produire un son pure, direct, comme celui d’un instrument. Cela permet à la chanteuse d’affuter son parcours harmonique, d’accentuer d’une certaine façon les dissonances que la consonance viendra résoudre naturellement. L’harmonie reçoit surtout – grâce à une intonation toujours plus grandiose – un assaisonnement que l’on n’aurait pas cru possible.  À cela vient maintenant un ornement du plus bel effet, le vibrato, qui retrouve dans le cadre de cette esthétique vocale sa fonction première, ce qui est extrêmement captivant.

So stellt sich in den ebenso vertraut wie fremd klingenden Stücken, die auf der CD versammelt sind, ein Panoptikum an Stimmungen zwischen Trauer und Trost ein. Doch genug der Worte, ich will die CD gleich noch einmal einlegen.

Les morceaux compilés dans l’album, qui sonnent aussi familiers qu’étrangers, offrent alors un panoptique des voix, entre la tristesse et le réconfort. Mais il suffit des mots, écoutons le disque encore une fois.

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Peter Hagmann

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