« Décidément, la musique française va bien à Sébastien Daucé. »

« Décidément, la musique française va bien à Sébastien Daucé. »

La polychoralité, cette mise en espace de la musique, remonte au XVIe siècle. Nommé en 1527, à 47 ans, maître de chapelle de Saint-Marc de Venise, Adriaan Willaert a développé cette technique. De l’Italie, avec les Gabrieli, Monteverdi et autres Striggio, ce foisonnement musical a débordé en Espagne, avec Cererols, à Salzbourg avec Biber mais, en France, peu de compositeurs se sont lancés dans cette aventure. Une belle exception, . On sait qu’il a fait un séjour à Rome dans les années 1660. Est-ce là-bas qu’il a pris goût à ce type de musique ? En tout cas le résultat est là : sa Messe à quatre chœurs H4.

Quand la polychoralité se découvre à la française

 et son  sont venus avec un programme autour de ce séjour italien de Charpentier : Merula, Cazzati, Cavalli, Legrenzi, mais surtout  qui, lui aussi, a écrit une messe à quatre chœurs. Plusieurs dispositions des chanteurs viennent construire cette spatialisation de la musique. Les voix de femmes, venant du fond de l’abside, chantent Charpentier et son Sub tuum praesidium. La prononciation du latin est, naturellement, à la gallicane. Puis le Credidi de  est interprété par Nicolas Brooymans d’une voix ferme, presque violente : « j’ai été dans une profonde humiliation » pour s’adoucir avec le texte : « je rendrai mes vœux au Seigneur ». Le Motet pour San Petroniode Cazzati permet aux cornets de donner une interprétation joyeuse mais aussi solennelle. Tout brille dans le Magnificatde Cavalli, mais avec un Deposuit tout en nuances. Une interprétation multi-facettes.

Voici la Messe à quatre chœurs de Charpentier et son premier Kyrie, presque crié de douleur suppliante : « Seigneur, prends pitié ». Le Gloria est plus priant que spectaculaire mais la fin est, heureusement, proclamée « dans la gloire de Dieu ». Le Sanctus résume le talent du chœur : rythmes et nuances accompagnent le texte. Quant à la mise en espace, elle a été adaptée au lieu. Pas toujours simple, pas aussi efficace qu’à Venise ou Bologne, mais chaque chœur a été judicieusement accompagné par un cornet pour renforcer l’effet musical. Et c’était bien du  ! Décidément, la musique française va bien à .

, Res Musica

Copyright 2017 Ensemble Correspondances - Tous droits réservés

PartagerTw.Fb.Pin.
...

This is a unique website which will require a more modern browser to work!

Please upgrade today!