« Sébastien Daucé, l’un des chefs français les plus créatifs de sa génération »

Divin, l’enfer musical à Bruges

La 54e édition du MAFestival convie une belle brochette d’ensembles baroques pour rejouer la divine comédie.

En cette année de commémoration du 450e anniversaire de la naissance de Claudio Monteverdi, « L’Orfeo » était tout indiqué pour ouvrir le MAFestival de Bruges, lui qui, dès les années 1960, fut l’un des tout premiers dédiés à la musique ancienne. L’Orfeo de ce vendredi sera certes donné en version de concert au Concertgebouw, mais cette nouvelle production – qu’on pourra aussi découvrir à Liège, en septembre – a mis tous les atouts de son côté. Un chef incontesté dans ce répertoire – Leonardo Garcia Alarçon –, des solistes d’envergure – Valerio Contaldo, Mariana Flores, Anna Reinhold… – et deux ensembles rompus à l’exercice – la Capella Mediterranea et le Chœur de chambre de Namur: le tableau sera haut en couleurs, ce qui est la moindre des choses pour le mythe d’Ophée et son scénario d’enfer.

Il est vrai que, en choisissant pour thème « La Divina Commedia », le MAFestival n’avait qu’à puiser dans l’imaginaire baroque, féru de dialogue avec le divin autant que de références au paradis et aux frayeurs post-mortem. De quoi s’offrir, avec un tel fil rouge, une bien captivante programmation, dont on ne citera ici que quatre des nombreux rendez-vous.

L’ensemble belge B’Rock Orchestra ouvrira ainsi « La Casa del Diavolo », une symphonie de Boccherini, à laquelle répondra « La Passionne » très Sturm und drang de Haydn. Et peu importe si l’argument pour y ajouter la 33e symphonie de Mozart est un peu léger – il s’agit, nous dit-on, d’« une œuvre paradisiaque ». Ce que personne ne conteste (5/8). Autre rendez-vous qui s’annonce passionnant, celui que l’ensemble Le Concert étranger et son chef Itay Jedlin fixent avec Dieu. Ou du moins avec ceux qui adressèrent à leur divinité quelques-uns des plus beaux motets de l’Allemagne baroque: Scheidemann, Hammerschmidt et bien sûr Bach (7/8). L’Ensemble Correspondances et Sébastien Daucé, l’un des chefs français les plus créatifs de sa génération, proposeront, quant à eux, un opéra de chambre de Marc-Antoine Charpentier, « La descente d’Orphée aux enfers ». Revoilà le poète en quête de son Eurydice, mais cette fois avec des accents Grand Siècle nettement plus légers (8/8). Un festival aussi inspiré se terminera comme il se doit sur une page élevant une dernière fois le propos, « L’Ascension du Christ », un oratorio lyrique de 1778 rarement donné en concert alors que c’est l’une des très belles pièces du plus génial des fils Bach, Carl Philip Emmanuel. Et tout cela par la Hofkapelle München et le Vocalconsort Berlin, sous la direction de Rüdiger Lotter (12/8).

Mais Bruges, c’est aussi son concours international de musique ancienne, créé en 1964 par Gustav Leonhardt, et dont le jury se trompe rarement de lauréat. N’a-t-il pas sacré en leur temps Ton Koopman, Christopher Hogwood, Christophe Rousset, Pierre Hantai, et, plus récemment, Justin Taylor et Jean Rondeau? Ce qui explique pourquoi 120 candidats du monde entier se pressent cette année pour décrocher l’une des rares places sur ce podium très couru. Demi-finale le 7 août, finale le 9 août.

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