« J’invite donc tous ceux qui ont aimé cette musique à se reporter à notre panorama. Le CD de Charpentier de Sébastien Daucé, avec la Pastorale et des Antiennes, s’y distingue particulièrement. » Christophe Huss

« Le Studio de musique ancienne et Clavecin en concert s’associaient vendredi pour un concert de Noël dédié au compositeur français qui s’est le plus intéressé à la mise en musique de la Nativité: Marc-Antoine Charpentier (1643-1704). Le concert était réparti entre les deux directeurs musicaux des ensembles, Luc Beauséjour assurant la première partie et Andrew McAnerney la seconde.

 

Un petit mot préliminaire pour saluer la haute tenue des notes de programme, leur pragmatisme aussi, puisque les noëls utilisés dans la Messe de minuit étaient clairement détaillés dans un encadré. La chose est assez rare pour être signalée.

 

Dans la partie menée par Luc Beauséjour, dès le Beatus Vir se posait un problème acoustique dans le placement des solistes, mêlés au choeur et noyés par la réverbération engendrée par la coupole de l’église. Ainsi les voix solistes ne se détachaient pas assez. L’intervention plus efficace et marquante de deux sopranos (situées plus près de la Nef) montrait bien la nature des questions acoustiques qui auraient dû être réglées en répétition.

 

Les interpolations d’orgue entre les mouvements de la messe étaient passablement heureuses, notamment en termes de registrations (parfois durement claironnantes), sans parler de la variation sur Une jeune pucelle débutée sur un hiatus tonal et qu’Yves G. Préfontaine a recadrée et recommencée après quelques notes. Un faux départ est aussi advenu au choeur, sur Et ascendit dans le Credo de la Messe. Le seul moment vibrant était la judicieuse pause, très de circonstance, après «Et incarnatus».

 

Après la pause, on est passé du gentil ronronnement d’un concert acceptable à une musique davantage mise en relief. Le problème de solistes ne s’est pas posé pour Andrew McAnerney, qui a fait avancer les chanteurs devant l’orchestre. Ces solistes issus du choeur sonnent comme tels, à l’exception de la soprano Odéi Bilodeau. On a observé à divers moments (« Te per orbem » du Te Deum), une nasalisation de l’émission de Michiel Schrey)

 

Andrew McAnerney est un chef assez pressé dans le Te Deum. Cela semble être dans sa nature puisqu’au terme de l’exécution il s’est empressé de saluer la foule et de prendre les applaudissements pour lui sans faire lever l’orchestre! Il s’est rattrapé quelques secondes plus tard, mais le « mal » était fait.

 

On retrouve cette cursivité d’approche dans la version Minkowski-Archiv du Te Deum, un disque qui comprend d’ailleurs aussi la Messe de minuit et aurait pu servir de modèle quant au goût et au style des interventions d’orgue.

 

Évidemment, le Te Deum de Charpentier fait toujours son petit effet et le public est parti ravi. J’invite donc tous ceux qui ont aimé cette musique à se reporter, dans cette édition du Devoir, à notre panorama des disques de Noël 2016. Le CD Charpentier de Sébastien Daucé, avec la Pastorale et des Antiennes, paru chez Harmonia Mundi, s’y distingue particulièrement.

 Noël chez Charpentier
Marc-Antoine Charpentier: Beatus Vir (Motet). Messe de Minuit (avec interpolation de pièces d’orgue de Pierre Dandrieu). Canticum in nativitatem Domini. Magnificat à 3. Te Deum. Odéi Bilodeau, Josée Lalonde, Michiel Schrey, Normand Richard (solistes), Yves G. Préfontaine (orgue). Studio de Musique ancienne, Clavecin en concert, dir. Luc Beauséjour (Beatus Vir et Messe de Minuit) et Andrew McAnnerney. »
Christophe Huss

http://www.ledevoir.com/culture/musique/487267/classique-un-noel-musical-pastoral-et-planant

 

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