« Avec Purcell, Correspondances tutoie la perfection » Antonio Mafra

« Avec Purcell, Correspondances tutoie la perfection

Trois jours de répétition, pas un de plus, pour obtenir un résultat qui tutoie la perfection. Combien d’ensembles baroques sont capables d’une telle réactivité ? Peu en réalité. En cela, Correspondances a pris une longueur d’avance sur la plupart des formations baroques nées ces dix dernières années. La recette ?

D’abord un chef ! Issu du CNSMD de Lyon, claveciniste et organiste, artiste passionné par la musique du XVIIe siècle, intransigeant avec ses musiciens, Sébastien Daucé dirige plus qu’un groupe d’intermittents. Il a fidélisé des instrumentistes irréprochables et des voix qui se bonifient comme un bon millésime, esquissant un style qui lui est propre, caractérisé par un chant intérieur qui émerge et ondoie au gré du vent musical soufflé par les partitions.

Ensuite un esprit de troupe où les solistes se fondent dans les chœurs, oubliant leur ego, gommant les individualités. Même si, lorsqu’on s’appelle Lucile Richardot, alto de la trempe d’une Nathalie Stutzmann, époustouflante de musicalité, d’intelligence et dotée d’un timbre enivrant de beauté marmoréenne, Nicolas Brooymans, basse aux graves impressionnants, ou Etienne Bazola, baryton bien chantant, on passe difficilement inaperçu.

Dernière élément de la recette, une ligne de conduite, une intégrité. Surtout lorsqu’on aborde un nouveau répertoire, comme ce fut le cas dimanche après-midi, avec « Hail ! Bright Cecilia », une ode de Purcell avec laquelle Sébastien Daucé fait sa première incursion en territoire anglais. Pièce d’une grande richesse d’inspiration et de facture, défilé de possibilités vocales et instrumentales, l’œuvre de près d’une heure ouvre  une multitude de portes que Correspondances franchit avec une aisance renversante. Tissant les différents fils de cette étoffe aux mille reflets, Sébastien Daucé en souligne la théâtralité et l’exaltation, la majesté et le caractère populaire.

Porté par son enthousiasme, le public d’Ambronay en aurait presque oublié que les baroqueux lyonnais avaient commencé la soirée avec « Caecilia, virgo et martyr », oratorio dans le style romain de Charpentier parfaitement négocié. Un détail qui a son importance. Car Sébastien Daucé compte bien creuser le sillon de la musique anglaise du XVII ème siècle. Pour notre plus grand plaisir. »

Antonio Mafra

 

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